Chlamydia : quelle progression en France ?

L’infection à chlamydia, appelée chlamydiose ou chlamydia, est une infection sexuellement transmissible (IST). Elle est causée par un agent infectieux, notamment une bactérie dénommée Chlamydiae Trachomatis. Généralement transmissible par voie orale, génitale ou anale, elle est souvent asymptomatique. Elle peut, également, se transmettre de la mère à l’enfant, lors de l’accouchement. Lorsque les symptômes apparaissent, chez l’homme, elle est à l’origine d’une urétrite qui peut se compliquer d’une inflammation de la prostate ou de l’épididyme. Chez la femme, elle provoque une cervicite érythémateuse, une endométrite, une salpingite ; les complications se manifestent par une grossesse extra-utérine ou une infertilité par atteinte tubaire. Le nombre croissant de cas diagnostiqués révèle une progression de cette infection au sein de la population française.

 Chlamydia : augmentation du nombre de cas diagnostiqués

La Chlamydia progresseLes chiffres concernant les infections à Chlamydia trachomatis sont en nette progression en France. Depuis plusieurs années, ce sont près de 77 000 cas qui sont révélés chaque année, conformément aux données de 2012. Aussi, ce sont environ 2 000 à 4 000 personnes infectées pour 100 000 habitants chaque année. Cette infection est par ailleurs la plus fréquente en ce qui concerne les infections sexuellement transmissibles (IST). Il y a donc une diffusion importante des infections à Chlamydia trachomatis par rapport aux autres infections sexuellement transmissibles. Le taux de prévalence au sein de la population générale est l’ordre de 1 à 3 %.

La résurgence de cette infection s’explique par la non-utilisation des préservatifs, le changement et la multiplication des partenaires sexuels et par certaines pratiques sexuelles. Ces comportements induisent une hausse de la contamination chaque année.

En 2015, le nombre de cas diagnostiqués étaient d’environ 81 000, enregistrant une hausse de plus 10 % par rapport à l’année 2013. Cette hausse du nombre d’infections déclarées, est plus marquée au sein de la population masculine avec une progression de 19 % contre 8 % chez les femmes. Il y a donc une augmentation du taux d’incidence de l’infection à chlamydia au cours de cette période en France, avec une hausse au niveau des deux sexes.

Ces chiffres sont le résultat d’une augmentation des pratiques de dépistage, des outils de détection avec le diagnostic d’un grand nombre de personnes asymptomatiques, environ 45 % des patients ne présentent aucun symptôme lié à l’infection, la contamination passe, ainsi, inaperçue dans certains cas. Ces diagnostics ont été établis par le biais des prélèvements urinaires chez les hommes (76%) et les prélèvements vaginaux au sein de la population féminine (82%). Ces dépistages sont facilités par des tests plus rapides et plus faciles à proposer.

Données en fonction du sexe et des tranches d’âge

Couple et sexualitéAu cours de l’année 2015, les cas rapportés en fonction du sexe et de la tranche d’âge, laissent transparaître une contamination plus importante des femmes, notamment jeunes, contrairement aux hommes. Les deux tiers des cas enregistrés, environ 64 %, sont des femmes ; 65 % d’entre elles ont un âge oscillant entre 15 et 24 ans. Ainsi, la recrudescence de l’infection affecte, surtout, les jeunes femmes post-adolescentes avec une fréquence plus élevée chez les jeunes femmes âgées de moins de 25 ans. Elle est plus fréquente au sein de cette tranche d’âge, chez les sujets de sexe féminin, avec des risques de complications sévères (la salpingite, la stérilité, une grossesse extra-utérine et l’atteinte du nouveau-né si la mère est infectée). Elle constitue une cause majeure d’infertilité chez la femme.

Le pourcentage des hommes infectés est d’environ 36 % ; 61 % des hommes âgés de 20 à 29 ans étaient  infectés. Au sein de la population masculine, les jeunes adultes sont plus affectés.

En 2013, les tranches d’âge les plus concernées par cette infection à chlamydia trachomatis, étaient également les 15 à 24 ans chez les femmes, puis les 20 à 29 ans chez les hommes. Les femmes infectées étaient plus jeunes que les hommes avec un âge médian de 22 ans contre 25 ans pour les hommes. En 2012, l’incidence de l’infection à chlamydia était à 257 pour 100 000 habitants âgés de 15 à 49 ans

La prévalence maximale de l’infection à chlamydia est enregistrée chez les jeunes et affecte plus les femmes que les hommes. Cette progression de l’infection à chlamydia au sein de cette tranche d’âge s’explique par un désintérêt des jeunes pour le préservatif. Elle est en relation avec une nette augmentation des comportements sexuels à risque au sein de cette frange de la population.

 

Ainsi, la prévalence de cette infection varie en fonction du sexe et la tranche d’âge des sujets. Laissant prévaloir un facteur de risque lié à l’âge (inférieur à 25 ans chez la femme, inférieur à 30 ans chez l’homme) associé à des comportements sexuels à risque, marqués par une absence de protection ou le non port de préservatif. L’infection à chlamydia constitue, de ce fait, l’une des infections sexuellement transmissibles prédominantes chez les sujets sexuellement actifs ayant un âge oscillant entre 15 et 30 ans.

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