Mycose génitale chez l’homme : au secours !

Bien que l’infection génitale soit fréquemment diagnostiquée chez les femmes, elle peut aussi se produire chez les hommes. Également connue sous l’appellation de mycose du gland, la mycose génitale chez l’homme est une infection fongique causée par un champignon dénommé Candida albicans, d’où l’usage du terme « candidose génitale », souvent employé pour la désigner. Elle affecte le gland du pénis et parfois, le prépuce. Les signes cliniques, variables selon les individus, sont marqués par des démangeaisons, une rougeur et la présence de vésicules au niveau du sexe. Ces symptômes désagréables et gênants au quotidien, requièrent un traitement. La prise en charge médicale est basée essentiellement sur l’administration d’antifongiques oraux ou locaux. Une intervention chirurgicale peut s’avérer nécessaire pour effectuer une circoncision. Des gestes et une bonne hygiène, permettent d’éviter des cas de récidives ou des épisodes chroniques.

Description

Candida AlbicansLes hommes peuvent être atteints par une infection génitale à levure, qui est souvent considérée comme un problème de santé affectant, fréquemment, la femme. Ainsi, les hommes peuvent contracter une mycose génitale liée à un champignon de type levure dénommé Candida Albicans.

La mycose génitale chez l’homme est une infection résultant d’une prolifération d’un champignon de type levure qui est naturellement présent dans le corps humain, notamment l’espèce Candida albicans. Ce champignon est naturellement présent au niveau de la bouche, des organes génitaux. Avec la faiblesse du système immunitaire, cette levure prolifère et provoque des symptômes désagréables au niveau des parties génitales masculines.

Le pénis, également, appelé la verge, est un organe génital de l’homme. Le gland ou la tête du pénis est l’extrémité de la verge. Naturellement, le gland est recouvert par un repli de peau mobile et cylindrique appelé le prépuce qui est entièrement coupé lors de la circoncision. Le gland et le prépuce sont reliés par un lambeau de peau fine ou une membrane appelée le frein du pénis. Il retient le prépuce à la face intérieure du gland. Situé sous la base du gland (couronne), le sillon coronal ou balano-préputial sépare le gland du corps du pénis.

La mycose génitale peut affecter les hommes qui ne sont pas sexuellement actifs. Ce n’est pas une infection sexuellement transmissible bien que la contamination par le biais des rapports sexuels non protégés avec une femme infectée, soit possible. Aussi, une mauvaise hygiène est susceptible de rendre un homme vulnérable à une infection à levure au niveau du sexe.

Causes

La mycose génitale chez l’homme est essentiellement due à un champignon de type levure, en particulier le germe Candida Albicans. Ce germe vit naturellement dans la muqueuse génitale. La croissance du candida est contrôlée et équilibrée par de bonnes bactéries. Le système immunitaire et d’autres bactéries permettent de le garder sous contrôle. Il est normalement inoffensif lorsqu’il est présent en petite quantité. Mais, lorsque cet équilibre est perturbé et qu’il se développe de façon anarchique et atteint un certain nombre, il devient pathogène et plus agressif. Il diffuse et libère diverses toxines qui affectent le système immunitaire et peuvent provoquer des symptômes dans tout le corps, y compris, les organes génitaux. Il provoque une infection à levure au niveau de l’organe génital. Les cellules fongiques produisent, alors, des éléments filamenteux, souvent à plusieurs noyaux qui pénètrent dans le tissu.

Ainsi, lorsqu’il y a une perturbation de l’équilibre de la flore microbienne et une défaillance du système immunitaire, le germe Candida Albicans prolifère et génère des manifestations cliniques au niveau des organes génitaux de l’homme. Un système immunitaire déficitaire, qui réduit la défense du corps contre les champignons, constitue un facteur de risque, tout comme les effets secondaires de la chimiothérapie, la toxicité des médicaments utilisés contre le cancer ou les corticostéroïdes qui affectent le système immunitaire ou le VIH qui affaiblit l’immunité.

La prolifération de la levure Candida albicans peut être liée aux rapports sexuels non protégés avec une partenaire qui a une infection à levure. (Il est également possible de contracter l’infection sans activité sexuelle). En dehors de la contamination par voie sexuelle, d’autres facteurs sont susceptibles d’accroître le risque de développer une mycose génitale chez l’homme.

Le fait d’être incirconcis est un facteur de risque majeur. La zone circonscrite sous le prépuce est un espace, sombre et chaud qui favorise la prolifération des levures. Cet espace constitue un environnement idéal pour la propagation de ce germe. Lorsque la zone du pénis n’est pas séchée soigneusement après le lavage, des conditions humides et chaudes prévalent. Ces conditions constituent des facteurs de risque, car elles permettent aux champignons de proliférer facilement.

La mycose génitale masculine peut être également liée à un manque ou à un excès d’hygiène. Des organes génitaux sales accroissent le risque d’infection à levure, mais l’utilisation de produits inadaptés ou un excès de toilette au niveau de l’organe génital favorise un déséquilibre de la flore microbienne et une irritation du pénis.

Gare à vos produits de soinsDes produits de soins, la mousse de bain, les savons, les gels de douche, les lubrifiants, contiennent souvent des substances chimiques susceptibles de perturber la flore microbienne, de modifier l’environnement naturel au niveau de la zone du pénis. Ils provoquent des irritations qui induisent des infections fongiques.

La rupture de l’équilibre de la flore microbienne peut également résulter d’une utilisation prolongée d’antibiotiques à large spectre qui détruisent les bactéries bénéfiques à l’organisme. Ainsi, la mycose génitale chez l’homme peut être liée à la prise d’antibiotique.

Aussi, un diabète mal contrôlé induit un niveau élevé de sucre dans le sang et accroît le risque d’infection à levure. Le sucre, étant prisé par les champignons, génère un environnement propice pour la croissance des agents pathogènes. Par ailleurs, une alimentation riche en sucre et en glucide alimente les cellules fongiques et leur procure l’énergie nécessaire pour vivre.

Le port de sous-vêtement en fibres synthétiques ou de pantalons trop serrés, élève la température au niveau de la zone génitale et crée un milieu humide propice à la prolifération de la levure, augmentant, ainsi, le risque d’infection à levure chez l’homme.

Symptômes

De façon générale, la mycose génitale masculine apparaît au niveau du frein du pénis, la portion de peau qui rattache le gland au prépuce. Ensuite, elle se propage aux alentours et affecte le gland et le prépuce.

Les manifestations cliniques surgissent et les hommes sont affectés par une inflammation du pénis, notamment, toute la surface du gland et du prépuce avec une rougeur localisée. Ainsi, apparaît une éruption cutanée rouge associée à des taches blanches. Le gland ou le prépuce devient alors anormalement rouge. De formes et de tailles différentes avec un aspect lisse et suintant, cette éruption marque une lésion de la peau au niveau de la tête du pénis.

Des démangeaisons et des sensations de brûlure sont ressenties autour du gland. Ces fortes démangeaisons provoquent une envie irrésistible de se gratter.

Le pénis est marqué par de petites vésicules de couleur rouge-blanchâtre, contenant un liquide blanchâtre ; elles peuvent suinter. Des pustules envahissent la zone du gland qui est affecté par des tuméfactions ou un gonflement modéré.

Lors de la miction, l’homme ressent des sensations de brûlure. Ces brûlures sont exacerbées au cours des relations sexuelles. Le pénis est douloureux, surtout au toucher, avec la présence des petites plaies ouvertes. L’irritation est parfois vive à telle enseigne qu’une fissure est observable, surtout, lors d’une érection.

Au niveau du prépuce du pénis, on observe une substance blanche épaisse, des pertes blanchâtres grumeleuses produisant une odeur désagréable. L’homme incirconcis éprouve des difficultés pour retirer le prépuce. Ainsi, le décalottage du repli de peau qui recouvre le pénis est souvent pénible. Il est, donc, difficile de découvrir l’extrémité de la verge ; il s’agit d’un cas de phimosis marqué par une impossibilité totale ou partielle de découvrir le gland.

Dans bien des cas, la mycose génitale chez l’homme peut être accompagnée d’une inflammation de l’urètre. Les rapports sexuels peuvent favoriser l’infiltration d’un grand nombre de champignons dans l’urètre et générer des cas de complications.

Diagnostic

Mycose génitale, comment s'en sortir ?La mycose génitale chez l’homme peut être diagnostiquée par un médecin généraliste ou un urologue. Le professionnel de la santé peut procéder au diagnostic en examinant physiquement l’extrémité du pénis ou la zone de peau qui est affectée au niveau du gland ou du prépuce lors de la visite dans une clinique ou un centre de santé. Ainsi, il observe les symptômes à travers cet examen physique qui s’avère très important.

Un interrogatoire peut également permettre au médecin de déterminer les facteurs qui ont contribué à l’apparition de cette mycose génitale masculine. Cet interrogatoire ou cet entretien associé à un examen physique scrupuleux peut permettre au médecin d’établir un diagnostic sans qu’il ait besoin de réaliser des tests.

Quand les symptômes sont sévères, persistants malgré le traitement ou lorsque le sujet est affecté par des épisodes récurrents de mycose génitale masculine, des tests sont requis pour affiner le diagnostic.

Ainsi, en présence des symptômes sévères, le test va consiste à effectuer un prélèvement à l’aide d’un écouvillon (une sorte de tige-coton) stérile  humidifié à l’eau distillée stérile en vue d’obtenir un échantillon de tissu de la zone génitale affectée. Cet échantillon est examiné sous un microscope en vue de rechercher l’agent infectieux, notamment, le champignon de type levure Candida Albicans. Ce test rapide et simple permet de d’orienter le diagnostic.

En cas de mycose génitale masculine récurrente, ce prélèvement peut être cultivé au laboratoire en vue de confirmer le diagnostic et de mettre en évidence les colonies de champignons de type levure. Éventuellement, face à une mycose génitale qui réapparaît après un traitement, le médecin peut recommander une biopsie, en prélevant un échantillon sur le tissu du gland et en l’envoyant au laboratoire pour analyser en vue de rechercher la cause exacte de l’infection. Des examens sanguins sont, parfois, envisagés en vue de rechercher des causes sous-jacentes ou de vérifier la présence du diabète.

Traitement médical

Pour traiter les cas de mycose génitale masculine, il est important de rechercher des causes sous-jacentes (le diabète, un déficit immunitaire) et d’éliminer les facteurs de risque. La prise en charge médicale de la mycose génitale chez l’homme s’effectue par le biais des médicaments antifongiques locaux ou oraux. Les antifongiques par voie orale sont indiqués en présence des mycoses génitales masculines modérées à sévères et en présence des cas de récidive. Ces produits pharmaceutiques permettent de soulager, rapidement, les symptômes et de traiter efficacement cette infection à levure. Ils sont à base de substances actives, entre autres, le miconazole ou le clotrimazole pour le traitement local. Le fluconazole est un principe actif contenu dans les médicaments antifongiques administrés par voie orale.

Traitement local

Tube de crèmeDans le cadre traitement local par le biais des crèmes topiques, il important de se laver soigneusement les mains avant d’appliquer la crème qui contient une substance active (le miconazole ou le clotrimazole). En effet, les mains sales peuvent être des vecteurs de virus ou de bactéries. C’est pourquoi, elles doivent être propres. Aussi, pour ne pas limiter l’efficacité de la crème, la zone à traiter doit être nettoyée afin de la débarrasser des cellules mortes. Après ce lavage, la zone doit être séchée avant d’appliquer la crème. Après l’application, les mains doivent être relavées avec du savon en vue d’éliminer les traces de la crème et les champignons avant de les essuyer sur une serviette propre.

  • Miconazole

Le miconazole disponible sous forme de crème dermique est un anti-infectieux local. Ce dérivé imidazolé est classé parmi les médicaments antifongiques. Il est doué d’activité antifongique qui s’avère efficace dans le cadre du traitement des infections provoquées par des champignons de type levure, notamment, la mycose génitale chez les hommes. Il exerce une action contre les germes qui sont responsables de cette mycose, les champignons (espèces Candida albicans). Disponible sous divers noms de marque, ce principe agit en affaiblissant les membranes des cellules fongiques, en inhibant la synthèse du stérol membranaire et en tuant les levures qui, en proliférant au niveau de la zone génitale, sont à l’origine de l’infection. Ces effets fongistatiques et fongicides sont bien indiqués pour soulager rapidement et complètement les symptômes d’une mycose génitale chez l’homme.

Pour ce faire, il suffit d’appliquer la crème au niveau de la zone du pénis qui est affecté. Il convient de suivre scrupuleusement, la fréquence des applications et la durée du traitement, indiquées par le médecin. Au cours du traitement, des éventuels effets secondaires peuvent survenir. Ce sont, essentiellement, une sensation de brûlure et des cas de démangeaison ou d’irritation. Avec l’apparition d’une éruption cutanée, le patient doit arrêter le traitement et consulter un médecin.

  • Clotrimazole

Le clotrimazole est disponible sous plusieurs noms de marques et sous plusieurs formes galéniques. La crème topique à base de cette substance active est un antifongique. Le clotrimazole est, donc, bien indiqué dans le cadre du traitement local des infections à champignons. Il est administré contre les infections à levure, notamment, la mycose génitale chez l’homme. Le clotrimazole détruit les champignons qui prolifèrent et provoquent les mycoses. Ce dérivé de l’imidazole altère la perméabilité de la paroi des cellules fongiques et inhibe la biosynthèse de l’ergostérol. En agissant, ainsi, ce principe actif inhibe la prolifération fongique, soulage les symptômes, en l’occurrence, les démangeaisons et les brûlures, tout en contribuant à la guérison de la mycose génitale masculine.

L’application du clotrimazole sous forme de crème est généralement biquotidienne, avec une mince couche sur la zone à traiter (le gland du pénis) et sur le pourtour, tout en massant légèrement pour faire pénétrer la crème. Mais, le dosage et la fréquence dépendent de la sévérité et de l’étendue de l’infection. C’est pourquoi, il importe de suivre les prescriptions médicales en ce qui concerne la fréquence et la durée du traitement. L’application de la crème peut provoquer des effets secondaires. Le patient peut ressentir, occasionnellement, au niveau du site d’application, des réactions cutanées, des sensations de brûlure, une rougeur, une irritation ou une desquamation.

Traitement oral

En présence des mycoses génitales masculines modérées à sévères ou récidivantes, les traitements fongiques oraux sont bien indiqués pendant un temps suffisamment long. Pour secourir un patient qui souffre d’une infection à levure au niveau du sexe, le fluconazole est un médicament pharmaceutique qui peut être administré par voie orale.

C’est un médicament efficace contre les infections fongiques, notamment, celles qui sont circonscrites au niveau du sexe de l’homme. Ce composé triazolé, est un antifongique qui se présente sous plusieurs galéniques. Pour une administration orale, le fluconazole se présente sous plusieurs dosages (50 mg, 100 mg, 150 mg ou 200 mg). Il induit des anomalies au niveau des cellules fongiques en inhibant la synthèse de l’ergostérol des champignons. Il exerce un effet fongistatique qui inhibe le développement et la reproduction des champignons du genre Candida.

Dans le cadre du traitement oral, le schéma thérapeutique et la durée du processus de traitement varient considérablement en fonction de plusieurs paramètres (la sévérité de l’infection, le dosage du médicament, etc.). Généralement bien toléré, le fluconazole peut, parfois, provoquer des effets indésirables, les plus fréquents sont : les maux de tête, les maux d’estomac, la diarrhée, les nausées, les vomissements.

Intervention chirurgicale (circoncision)

Sous le prépuce, prévaut un environnement chaud et humide qui est favorable à la prolifération des champignons. Ainsi, en cas d’échec des traitements médicamenteux, l’intervention chirurgicale constitue une option thérapeutique chez les hommes incirconcis qui ne parviennent pas à recalotter le gland douloureux quand le prépuce est bloqué sur la verge ou qui y parvient difficilement lorsque le prépuce est trop resserré. Cette opération chirurgicale consiste à enlever le prépuce, sous anesthésie locale ou générale, en vue de laisser le gland du pénis à découvert. Il s’agit d’une ablation chirurgicale du pénis qui est, parfois, indiquée en cas de paraphimosis, de phimosis associée à une mycose génitale récurrente ou en cas de complication.

Prévention de la mycose génitale chez l’homme

Des mesures préventives permettent d’éviter les cas de récidives ou de nouvelles infections après une guérison. Il est important de s’en prémunir et d’éviter les facteurs de risque après le traitement, en adoptant des mesures d’hygiène, en faisant usage du préservatif lors des rapports sexuels, en portant des vêtements adaptés.

  • Mesures d’hygiène

PréservatifLe patient doit adopter une bonne hygiène intime, tout en évitant tout excès d’hygiène. Il s’agit de garder le pénis et les organes génitaux propres et secs, en utilisant des produits ou des savons au pH neutre et en évitant les savons trop acides ou des savonnages excessifs qui favorisent la prolifération des champignons. Les savons parfumés, les lotions contenant des substances chimiques et les antiseptiques susceptibles d’irriter le gland et de déséquilibrer la flore microbienne, doivent être évités.

En ce qui concerne le gland, il est important de le laver quotidiennement avec du savon doux et de l’eau. Le prépuce doit être décalotté ou rétracté lors du lavage quotidien, en vue de nettoyer, également, sous le prépuce avec du savon et de l’eau. Ainsi, par le biais de ce nettoyage soigneux de cette région du sexe chez les sujets incirconcis, les champignons ne peuvent pas se nicher dans les replis de peau. Après le lavage des organes génitaux, il faut bien les sécher afin de ne pas faire prévaloir un milieu humide favorable au développent des champignons. Aussi, après les relations sexuelles, il est important de laver, de façon systématique le pénis avec de l’eau en décalottant convenablement le prépuce.

  • Utilisation du préservatif

L’utilisation de préservatif permet de réduire le risque de développer une infection à levure. Des comportements sexuels prudents, tout en se protégeant lors des rapports sexuels, constituent des moyens de prévention. Aussi, il est important d’éviter tout contact sexuel avec un partenaire qui a une infection à levure.

  • Port de vêtements adaptés

Sous-vêtements pour hommePour éviter de développer la mycose génitale masculine ou pour réduire les facteurs de risque, il est important d’éviter le port de sous-vêtements en fibres synthétiques, peu perméables à l’air, qui favorisent un environnement humide et chaud dans la zone génitale et contribuant, ainsi, à la croissance des champignons.

Des vêtements trop serrés peuvent également participer à l’apparition d’une mycose génitale masculine. C’est pourquoi, il faut privilégier le port de sous-vêtements  amples et en coton, pour aider à maintenir la peau et le pénis secs et frais. Par ailleurs, il faut éviter de garder sur soi un maillot de bain humide.

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